Mardi 6 novembre 2007
par Enediol
L’affaire révèle une fois de plus la méthode Sarkozy qui ramène tout à lui, continue à privilégier le spectacle, la stimulation des émotions, au détriment de la vraie politique qu’espèrent les Français.

Il s’agit ici d’apporter une contribution française dans la résolution d’un problème judiciaire qui exige le respect des souverainetés réciproques du Tchad et de la France. Une association française se prétendant une ONG humanitaire, s’affublant tour à tour localement des dénominations d’Arche de Zoé ou de Children Rescue, s’apprête à embarquer pour la France 103 enfants africains (tous mineurs), dans un contexte pour le moins flou, au mépris évident du respect des autorisations parentales ou légales tchadiennes requises. Pour les autorités tchadiennes, le délit est indiscutable d’enlèvement d’enfants, et d’escroquerie. Certes, les inculpés sont Français mais cela change-t-il quelque chose à la compétence évidente des juges tchadiens pour instruire et juger une affaire qui relève de leur juridiction ?

Sarkozy commence par promettre à son peuple que les inculpés français, quelles que soient les fautes commises, ne peuvent être jugés qu’en France, comme si le Tchad n’avait pas une justice compétente et souveraine ! Il pousse la caricature en réitérant la précédente épopée rocambolesque des infirmières bulgares, en se proposant d’aller chercher lui-même ses concitoyens dont on a dû précipiter la comparution devant des juges tchadiens contraints de travailler un dimanche pour satisfaire la demande du Président français !!! Que Nicolas ait encore besoin de tout ce cinéma pour plaire à ses élus de l’intérieur, peut-il en revanche oublier la souveraineté du Tchad ainsi que sa dignité ? Le ministre de l’intérieur tchadien a opportunément protesté et allégué l’insulte faite à son pays si la France exigeait que les inculpés soient jugés ailleurs qu’au Tchad.

Quant à la gauche française toujours « franchouillarde » et poussiéreuse, ce fut une honte de l’entendre chahuter Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l’homme, lorsque celle-ci a lancé en pleine Assemblée nationale que « l’Afrique de papa c’était fini !»

Mais Sarkozy continue de mépriser et d’insulter l’Afrique et les Africains, depuis son discours manifeste de juillet 2007 à Dakar. La France de progrès et de la vraie rupture avec le passé doit enfin condamner énergiquement ces pratiques sarkoziennes et ses rodomontades qui ne font que ternir l’éclat jadis si brillant d’un grand pays.

 


Mercredi 12 septembre 2007
par Enediol
-yimmigrationexpulsion.jpgLa sacro-sainte parole de Sarkozy donnée depuis sa campagne présidentielle prescrivait aux services concernés le chiffre de 25.000 expulsions de sans -papiers d'ici la fin de 2007. Le principe de ramener à la frontière des illégaux n'est pratiquement contesté par personne. Parce que le taux d'immigrés ne peut être illimité, que sa démographie est une mesure importante de la sécurité intérieure et extérieure de tout un pays. Le principe du quota, en revanche, procède d'une démarche qui confine à la violence gratuite. Pourquoi 25.000, pas plus ni moins, et suivant quel critère sinon l'arbitraire ? On aurait admis volontiers l'examen au cas par cas des dossiers car, derrière chaque candidat à l'asile se trouve une histoire singulière, humaine, sociale voire politique, qui légitime une étude appropriée. Mais les services de l'immigration n'ont pas choisi cette voie de sagesse et de respect des droits de l'homme. Ils ont préféré la solution comminatoire et brutale de l'expulsion policière sans ménagement. Et le spectacle n'y manque pas, de l'attroupement policier agissant sous les feux ostensibles de médias télévisés. On croitait à un état d'urgence, à un pays en guerre, à un pays à tout le moins écartelé entre deux catégories de citoyens, les bons d'un côté et les mauvais de l'autre, les sans-papiers...
A vouloir nous persuader que la France actuelle est d'abord menacée par l'immigration clandestine, non par le problème du pouvoir d'achat et de la pauvreté en général, on a choisi de donner au monde entier le visage hideux d'une pseudo-république, répressive, peu soucieuse des règles les plus élémentaires de la dignité humaine. Peut-être fallait-il cela pour détourner nos visages vers ailleurs que vers les promesses fallacieuses de campagne qui ont du mal à se concrétiser.

Lundi 3 septembre 2007
par Enediol

PS-La-Rochelle.jpgOn a attendu avec une certaine anxiété la clôture de l'université d'été du Parti socialiste le 2 septembre 2007. Inquiétude fondée avec l'absence remarquée des dirigeants de premier plan comme Laurent Fabius, Dominique Strauss-Kahn ou Lionel Jospin. De plus, ces derniers temps, une presse peu amène ne s'est pas privée de diatribes à l'endroit d'un parti qui, selon elle, aurait perdu à jamais ses repères. A l'intérieur de l'organisation elle-même, les discours autodestructeurs tenus par ceux que l'on est convenu d'appeler les "quadras", finissaient de battre en brèches ce qu'il restait encore d'espoir de ressusciter la bête agonisante.

La suite a plutôt été réconfortante. Ceux qui ont participé aux assises, et ils ont surpris par leur nombre : 4.000, un record dans le genre, n'ont pas cédé à la panique ni au découragement. Bien au contraire. Dès l'abord, Stéphane Rozès venu en professionnel du CSA, a expliqué que «sur le souhaitable, le pays est à gauche, mais il est politiquement à droite car la gauche a tardé à dire que le souhaitable est possible». Il résumait déjà en peu de mots la nécessité pour le PS de redéfinir sa conception politique eu égard au contexte nouveau de la mondialisation, sans pour autant trahir son âme. Michel Rocard, pour sa part précisait, je cite : "La prime électorale ira à ceux qui savent expliquer le désordre social actuel et montrer l'importance du combat socialiste." Une phrase qui a eu l'heur de soulever une grande ovation. Par conséquent, un besoin impérieux de pédagogie s'impose. D'où la nécessité de réunir tous les talents, et le PS n'en manque pas, loin de là, pour les immerger dans la réflexion collective.
Le discours de François Hollande a été à la hauteur de la situation, et très applaudi. Notamment , lorsqu'il a martelé que le parti  n'est « pas entendu par le plus grand nombre » de Français, parce qu'il ne dit « rien de net, de clair, de lisible ». Reconnaissant plus qu'implicitement le déficit de réflexion et la crainte des nécessaires déchirements idéologiques qui a tenu le parti éloigné du peuple. Plus loin, il ajoute : « Mettre le socialisme en rapport avec les défis du monde, de la société d'aujourd'hui ». Enfin, face à la mondialisation, qui est un « fait irréversible », il admet que les socialistes doivent donc poser des « exigences » de « régulation » et de « redistribution ».
Une université d'été qui s'est avérée par conséquent détendue et ouverte au débat,  prête à induire des transformations décisives pour répondre au défi de la mondialisation. Voilà donc un parti apparemment débarrassé pour le moment des problèmes de personnes qui ont longtemps occulté sa réflexion. Une question vient alors à l'esprit, pourquoi avoir attendu trois échecs électoraux retentissants avant de s'y mettre ?

Jeudi 30 août 2007
par Enediol
La  frénésie  de l'action pour l'action, la réponse  du  tac  au tac, ont amené ces derniers temps les pouvoirs publics à devoir légiférer hâtivement dans tous les domaines, un peu n'importe comment. Ainsi en va-t-il des lois prises sur la pédophilie ou sur la responsabilité pénale des malades mentaux graves.
L'opinion s'est émue des faits récents de récidives perpétrés par certains pédophiles, en insistant pour qu'une loi soit rapidement votée en vue de leur castration chimique ou de leur incarcération à vie ! Faut-il réagir à l'émotion populaire par l'émotion des décideurs politiques eux-mêmes? Ne l'oublions pas, nous sommes ici en présence de deux domaines qui doivent coexister, celui de la justice avec celui de la santé de l'homme. Est-il rationnel et humain d'emprisonner à vie un dangereux pédophile pour en débarrasser prétendument une fois pour toutes ses victimes passées ou potentielles? Or, des voies thérapeutiques existent qui peuvent accompagner ce type de malades, avec une possibilité de résultats incontestables. Faut-il négliger cette chance de guérir sous prétexte de la crainte des récidives? De plus la recherche dans ce domaine continue de progresser, mais celle-ci a besoin que les moyens conséquents qui manquent lui soient apportés. Car, en milieu carcéral, les pathologies ont tendance davantage à la dégradation si elles ne sont pas prises sérieusement en charge. On ne peut privilégier la répression à la médicalisation indispensable pour obtenir la réinsertion.
La même démarche devrait être envisagée pour les récidivistes grands psychotiques schizophrènes qu'il ne servirait à rien de condamner indéfiniment à la carcération. Eux-aussi relèvent de l'encadrement médical avant, pendant et après l'enfermement.
Rappelons en effet qu'en république, les décideurs politiques ont le grand devoir de protéger le citoyen et de veiller au respect sacré des droits de l'homme, quel qu'il soit.

Lundi 6 août 2007
par Enediol

La politique-spectacle n'a jamais autant fait recette que sous le règne de l'actuel Président. Rien de surprenant à cela, la dynamique de la télé-réalité restant si profondément enracinée dans la culture du peuple et le débordement médiatique magnifié à tous les étages. La quête de l'original, pour sûr, n'est pas la préoccupation majeure de nos concitoyens, pas plus d'ailleurs que celle de nos professionnels de l'information. Ces derniers semblant plus friands du sensationnel que de l'analyse du journalisme d'investigation.

Aujourd'hui, on accourt auprès de n'importe quel star du sport, du show-business, du music-hall, du rap, etc., pour recueillir une pensée prétendument profonde sur tout, et ce dans tous les domaines de la connaissance. Drôle de société qui ne cherche pas à approfondir sa quête du savoir au-delà du répertoire du saltimbanque ou du griot !

Ainsi le pays, dans ses profondeurs, n'a eu droit qu'à une campagne digne d'un grand spectacle télévisé dont on attendait davantage que la seule représentation théâtrale des principaux intervenants. Des promesses certes alléchantes pour une certaine frange de la population plutôt xénophobe que vraiment consciente de l'enjeu. Le candidat qui avait excellé dans cette pratique démagogique du paraître devait évidemment l'emporter au hit-parade ! Mais la vacuité du programme n'en est pas moins patente !

A trois mois du sacre sarkozien, le pays a continué à s'abreuver des mêmes discours et gesticulations éclatantes d'où il sort globalement une impression gênante de traitement dichotomique entre les nantis objets de toute l'attention du prince, et les moins nantis dignes de son bannissement. Loin de la résolution des vrais enjeux des inégalités socio-économiques, du pouvoir d'achat, de la décroissance économique et du chômage massif. Cette diversion a été systématiquement poursuivie, sans relâche par Sarkozy, conscient de ne pas abandonner un si bon fonds de commerce. La star du cinéma-réalité, avec sa capacité convenue à devoir répondre à toutes les questions du pays, s'investit du don d'ubiquité lui permettant d'être apparemment partout à la fois, mais en réalité nulle part pour résoudre les vrais problèmes de la nation. Pour ce faire, il faut un style approprié, notamment un tempo qui donne le vertige. Les promesses électorales, difficiles à faire passer en l'état, doivent recevoir vite leur légalité parlementaire. D'où la fuite en avant du train de lois estivales qui cherche avant tout à surprendre le citoyen d'abord occupé à profiter pour le moment de ses chères vacances.

Le tour de France, l'épopée libyenne, Angela Merkel, le Président polonais, le théâtre bruxellois, le voyage très médiatisé aux Etats-Unis, tous les faits quotidiens et banals où Sarko se croit l'interprète obligé, tout cela procède de l'être « star » continuant de jouer son rôle. Jusqu'à quand ?

Les succès intérieurs français de Sarkozy l'ont manifestement rendu très présomptueux. La « star » s'est mis en devoir de donner une interprétation à sa façon de la culture africaine et de la problématique du développement futur de l'Afrique. Selon lui, les Africains sont inaptes à la modernité, incapables de sortir de la culture de la houe, donc du Moyen-Age. Ceci explique cela: leur impossibilité à se sortir du sous-développement chronique. Les regrets du paradis perdu sont également peine perdue, pour Sarkozy qui trouve la colonisation somme toutes positive, malgré quelques faits négatifs à déplorer.Lire

Après Sarkozy professant sur l'acquis et l'inné à propos de la délinquance, le voilà maintenant "star" consultée sur le devenir de l'Afrique. N'y a-t-il donc plus personne pour penser en France, pour que le pays tout entier s'en remette à un pur ersatz de Lepen qui va jusqu'à singer le style anglo-américain pour prétendre faire exister la France ?

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